Les actions de ce groupe

Les Résilientes « Une insertion par le design »
flag France - (Emmaüs Alternatives)


Depuis 2014, Emmaüs Alternatives se consacre à un travail de valorisation de l’exercice de créativité chez les personnes en processus d’insertion professionnelle à travers un atelier de couture. Ils ont choisi un mode de fonctionnement qui traverse plusieurs pratiques : la retouche, la customisation et la création.

C’est dans la continuité de cet élan que s’inscrit le projet Les Résilientes, recherche-action au croisement d’une démarche de revalorisation humaine et revalorisation d’objets.

Accompagné par la designer Eugénie deLarivière, designer objet spécialisée en pédagogie du design, avec qui Emmaüs Alternatives partage une vision commune de l'avenir à la fois écologique, professionnelle, sociale et solidaire, Emmaüs Alternatives a décidé de formalisé ses ambitions et expérimentations créatives afin d’en faire bénéficier le plus grand monde à travers une méthodologie et des outils propres à la création.

Ce nouvel atelier axé sur la création s’inspire des méthodes pédagogiques du « penser design » propre au développement de compétences transversales afin de faire émerger, chez les personnes en insertion professionnelle, d’autres façons de penser, de rebondir, de s’adapter d’innover et de réagir et ainsi retrouver une estime de soi par la reconnaissance de ses qualités.

De plus il profitera à l’activité économique de l’association en revalorisant les dons destinés à la benne à travers une offre d’objets refaits au design attractif. Cette nouvelle offre permettra aussi à l’association de s’adresser à une clientèle nouvelle plus élargie.

Cela, tout en poursuivant nos ambitions environnementales de réduction des déchets et de sensibilisation du public à la récupération, au réemploi, et au recyclage.

Justification du projet

1. Restaurer l’estime de soi : un préalable à toute démarche d’insertion

Le psychiatre et psychanalyste Boris Cyrulnik, inventeur du terme de « résilience » qui traduit la capacité que montrent les individus à surmonter les épreuves, expliquait dans une conférence sur la mémoire traumatique, que « la fonction artistique est de transformer l’horreur de la condition humaine.»

La création permet d’exprimer ses frustrations, de leur donner du sens et de les convertir, ainsi, souvent les difficultés rencontrées dans un parcours de vie deviennent de véritables moteurs de résilience.

C’est dans la continuité de l’expérience de l’atelier couture (cf. plus haut) que s’inscrit le projet « Les Résilientes », au croisement d’une démarche de revalorisation d’objets et de revalorisation humaine. Le programme d’insertion associé à l’activité sera inspiré des méthodes pédagogiques des écoles de design, afin de favoriser la créativité, l’autonomie et la transmission de savoir-faire en faisant émerger d’autres façons de penser, de rebondir, de s’adapter, d’innover et de réagir.

Ainsi, l’action vise à favoriser l’émergence de projets valorisant les ressources personnelles de chacun afin de retisser des liens de confiance avec « l’autre », et retrouver une estime de soi par la reconnaissance de ses qualités.

2. L’importance des compétences transversales pour nos publics en insertion

Les compétences transversales, comme prérequis à l’employabilité mais également vecteurs d’employabilité durable, sont fortement mises en avant. On peut maîtriser des compétences techniques mais être incapable de travailler en équipe, de faire preuve d’autonomie, de communiquer en interne comme en externe dans la forme adaptée, etc…Ces compétences sont cruciales pour l’employabilité et leur développement constitue un axe de travail majeur sur le chantier d’insertion.

Offrir un panel d’options et de propositions à nos salariés durant leur passage sur le chantier afin qu’ils aient le maximum d’opportunités pour développer ces compétences stratégiques pour leur insertion fait partie de notre mission. Le Projet Les Résilientes a l’ambition d’être une proposition innovante et impactante sur le développement de ce type de compétences.

3. De la nécessité de viser un objectif zéro déchet

Alors que les volumes de déchets se sont considérablement multipliés (nous consommons plus, nous jetons plus) avec leurs lots d’effets nocifs pour la santé, l’environnement et l’économie, nous sommes tous concernés. Que ce soit en qualité́ de consommateur, producteur, structure du réemploi, citoyen ou contribuable, nous pouvons et devons devenir acteurs d'une meilleure gestion des déchets.

L’upcycling est un levier additionnel et innovant pour limiter la production de déchets : terme anglophone, il désigne littéralement « le recyclage par le haut » ce qui consiste à réutiliser un objet ou un matériau d’une façon nouvelle, sans dégrader la matière dont il est fait pour le transformer en produit de valeur supérieure.

L’enjeu pour Emmaüs, l’un des acteurs majeurs du réemploi en France au travers de son activité de récupération et redistribution de biens de seconde main, est de s’inscrire dans cette tendance d’avenir et de réaffirmer ainsi ses valeurs portées depuis toujours (réemployer, réutiliser, recycler).

4. Le manque de sensibilisation, connaissances et savoir-faire environnementaux de nos publics

Nous constatons que nos publics en insertion et nos usagers sont très peu sensibilisés aux enjeux environnementaux et manquent d’informations pour envisager d’être acteurs, à leur niveau, d’un meilleur respect de leur environnement et, notamment, d’une meilleure prévention et gestion de leurs déchets.

5. La nécessité de diversifier nos débouchés commerciaux

Si la revente de Textile, Linge de maison et Chaussures (TLC) de seconde main demeure un secteur de l’ Insertion par l'Activité Economique (IAE) affichant une rentabilité tout à fait correcte, force est de constater que le modèle économique des chantiers d’insertion du secteur demeure relativement tendu. Le prix du pétrole actuellement très bas favorise la production de vêtements neufs à bas prix ; ce qui pénalise le secteur du « seconde main ». De nouveaux entrants du secteur lucratif peuvent afficher des pratiques agressives pour récupérer des parts de marché.

En conséquence, il est essentiel à la fois de rationaliser notre activité « classique » tout en travaillant à identifier les nouvelles activités susceptibles d’être « rentables » d’un point de vue économique et d’enrichir, consolider notre approche des problématiques d’insertion de nos salariés. Le projet Les Résilientes s’inscrit dans cette démarche.

En savoir plus...

CASIERS SOLIDAIRES
flag France - (Emmaüs Alternatives)


Le projet des Casiers Solidaires est né à Lisbonne, des conversations que les bénévoles d’ACA ont engagées avec des personnes vivant dans la rue. Le constat était dressé que ces personnes qui livrent une lutte quotidienne pour ne pas se faire voler leur argent, leurs papiers, leurs vêtements mais aussi des objets ayant une valeur sentimentale ont besoin d’un endroit sécurisé pour stocker leurs affaires. « Dans la rue, il n'y a pas de confiance. C'est le système D, on se débrouille à droite, à gauche ». De la confiance, voilà ce qu'apportent les casiers solidaires aux sans-abris qui en bénéficient.

Après un long travail de conception avec une entreprise locale, les premiers casiers solidaires sont implantés à Lisbonne en 2015. En 2018, 60 casiers sont proposés à des personnes sans-abri qui acceptent la signature d’un contrat fixant un rendez-vous hebdomadaire obligatoire avec un travailleur social. Les résultats sont impressionnants : plus des 2/3 des personnes ayant quitté le dispositif ont pu sortir de la rue pour retrouver emploi, logement, centre de désintoxication ou communauté d’insertion.

Emmaüs Alternatives est à l’origine de la mise en place des premiers casiers solidaires à destination des personnes sans-abri en France. En partenariat avec la ville de Montreuil, près de Paris, et l’association portugaise ACA, 12 casiers ont été installés en octobre 2018, et 12 autres en novembre 2020.

Avec sa simplicité et son impact positif immédiat, ce projet vient compléter les actions menées par Emmaüs Alternatives depuis 1991 pour accompagner les personnes vivant dans la rue ou très éloignées du marché du travail, en matière d’accès aux droits et à l’emploi.

Loin de fixer les personnes dans la rue, ce projet est un nouvel outil de réinsertion ciblant les personnes les plus exclues. En effet, si les casiers solidaires visent à répondre à un besoin concret fondamental, le travail d’accompagnement social et le lien social qui se créent autour de l’accès au casier sont essentiels pour construire un chemin qui sorte, progressivement et par étape, les personnes de la rue.

En savoir plus...